Chimamanda Ngozi Adichie : L'Inventaire des rêves
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L’Inventaire des rêves par Chimamanda Ngozi Adichie.
. Traduit de l’anglais (Nigeria) par Blandine Longre.
Titre original : Dream count.
Gallimard / du monde entier (2025) 653 pages ; Folio (2026) 649 pages.
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Je referme L’Inventaire des rêves, ce roman fleuve de Chimamanda Ngozi Adichie, avec un certain soulagement. En effet, ce récit qui tourne autour de quatre femmes d’origine africaine : Zikora, Chiamaka, Omelogor et Kadiatou, m’a souvent lassé car l’essentiel se passe dans un milieu que je juge hors-sol, chez des gens pleins de fric, qui dépensent sans compter, oublient la plupart du temps leurs origines modestes.
Souvent, j’ai ressenti l’effet d’un bla-bla, d’une écriture se déversant en continu, une sorte de logorrhée presque intarissable. Bien sûr, au cours de ma lecture, j’ai apprécié certains passages, surtout lorsque cela se passe en Afrique, au Nigeria, principalement. Il y a aussi les amours, les amants qui se succèdent, les désirs d’enfant mais il y a tellement d’argent, un luxe inouï, que je n’adhère pas.
L’autrice raconte bien l’approche de deux êtres qui se plaisent, tombent amoureux mais on a les moyens, on prend l’avion pour un oui, pour un non, on loge dans les hôtels les plus luxueux, on mange dans les meilleurs restaurants, on s’offre des cadeaux valant une fortune… Bref, ce n’est pas mon monde et je décroche…
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Alors, il ressort de ce long roman, l’histoire de ces quatre femmes, histoire intime souvent qui fait de ce livre un ouvrage féministe, les hommes n’ayant jamais le beau rôle. Je note au passage le récit palpitant, bien tourné, avec un peu d’humour, de l’accouchement très douloureux de Zikora.
L’autrice écrit aussi avec beaucoup d’émotion, de tendresse à propos des rapports mère-fille car, de leur côté, les couples ne durent pas, se séparent très vite alors que le lien maternel reste.
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Enfin, arrive Kadiatou, déjà aperçue dans les parties précédentes. C’est elle qui sauve le roman car son histoire est nettement plus intéressante, surtout dans sa partie africaine, à Conakry, en Guinée. Le drame de l’excision, après la débile circoncision, est bien raconté et ne peut que révolter, comme la mort de ces hommes tués dans des mines censées extraire de l’or.
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Kadiatou doit affronter beaucoup de malheurs, dont la mort de Binta, sa sœur chérie, fait le plus marquant, pour l’instant. C’est aux États-Unis où elle a demandé et obtenu l’asile, que sa vie se poursuit avec sa fille qu’elle a appelée Binta, même prénom que sa chère sœur. Là, sa vie se poursuit, toujours au service des autres, jusqu’à ce que…
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Chiamamanda Ngozi Adichie (photo ci-dessous) a cru bon, dans L’Inventaire des rêves, de s’inspirer du viol de Nafissatou Diallo, en mai 2011, par un certain DSK, pour ressortir cette histoire de l’oubli et la raconter à sa façon, comme elle l’explique dans une note en fin d’ouvrage. C’est poignant, terrible, révoltant et, encore une fois, révélateur du pouvoir infini de l’argent.
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Zikora est très croyante, Chiamanka fait défiler ses amants et Omelogor, revenue vivre au Nigeria, raconte comment elle a construit sa fortune pour en faire profiter les plus modestes. De plus, elle a étudié la pornographie et écrit, sur son site « For men only » des lettres intitulées « Chers hommes », pleines d’un humour caustique et de conseils utiles…
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Beaucoup d’anecdotes émaillent ce long récit. Certaines sont révélatrices des rapports entre Africains, entre peuples comme les Igbos, souvent mal vus et méprisés. L’autrice fait aussi bien ressortir atouts et handicaps des jolies femmes noires, comme le sont Zikora, Chiamanka et Omelogor.
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Je n’oublie pas la montée stressante du coronavirus très bien mise en scène par l’autrice. Cela rappelle des souvenirs semblant lointains mais vite réactivés dès qu’un nouveau virus pointe le bout de son nez…
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Finalement, L’Inventaire des rêves, bien traduit par Blandine Longre – quel boulot ! - a été un long moment de lecture qui m’a toutefois apporté de bons moments, beaucoup d’informations sur une société dont j’ignore presque tout ; j’ai surtout été plongé dans ce continent africain loin d’être homogène où corruption et mépris des femmes continuent de sévir, comme toutes ces croyances et ces superstitions qui font toujours des ravages. Finalement, j’ai peut-être été un peu trop sévère au début…
Jean-Paul
