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Laura Lippman : Dream Girl

Dream Girl   par  Laura Lippman.

. Traduit de l’anglais (USA) par Thierry Arson.

Actes Sud / actes noirs (2025) 365 pages.

 

 

Dream Girl, thriller de Laura Lippman, m’a souvent désorienté, surpris, lassé un peu mais je reconnais que l’autrice a réussi une plongée édifiante dans les affres de la création littéraire.

 

En ce sens, ce roman est réussi mais il a fallu m’accrocher pour tenter de suivre la vie chaotique de Gerry Andersen, écrivain à succès. C’est avec Dream Girl, même titre que le livre que je suis en train de lire.. tiens, tiens…, qu’il s’est imposé dans le firmament littéraire étasunien.

 

Hélas, dans cet appartement de Baltimore (photo ci-dessous), situé au vingt-troisième étage d’un immeuble, Gerry a fait une très mauvaise chute. Dans son lit médicalisé, il est soigné, de 19 h à 7 h du matin, par Eileen, infirmière, puis assisté par Victoria, de 9 h à 17 h. Sa quadruple déchirure bilatérale à la jambe droite l’immobilise complétement.

 

Or, voici que l’héroïne de son grand roman, Aubrey, personnage complètement imaginaire, comme il le rappelle régulièrement, se manifeste. Cela se passe de façon curieuse, surréaliste, fantastique avec des appels téléphoniques ou des apparitions ne laissant aucune trace… de quoi devenir fou !

 

 

Avant d’aller plus loin, il faut préciser que Laura Lippman, à l’imagination débordante, m’apprend que Gerry est le fils d’un homme qui mène deux foyers simultanément puisqu’il a abandonné sa mère, ayant eu deux filles avec une autre femme. C’est avec elles qu’il a choisi de vivre.

 

 

De son côté, Gerry a été marié à Lucy, femme ultra-jalouse puis à Gretchen, enfin à Sarah avec de se retrouver à vivre seul, la soixantaine passée, sans enfant… cela vaut peut-être mieux ! Sa mère vient de décéder et son père est mort aussi quelques années plus tôt.

 

 

Gerry Andersen a déjà publié sept livres et son agent littéraire se nomme Thiru Vignarajah. Pour vivre à Baltimore, il a vendu son appartement de New York.

 

 

En ce moment, comme cela arrive à beaucoup d’écrivains, il a de la peine à rédiger et doit faire patienter son agent. Côté pécuniaire, grâce à Dream Girl, il est vraiment à l’aise, ce qui ne manque pas d’exciter certaines convoitises…

 

Habilement, Laura Lippman conduit l’actualité de son histoire en mêlant de nombreux retours en arrière, pas chronologiques, mais qui éclairent petit à petit la personnalité de Gerry. Je trouve tout cela de plus en plus énigmatique et même angoissant, sûrement le but recherché.

 

 

Dans les discussions, avec beaucoup de références littéraires et d’autres concernant le cinéma et les séries, le rôle de l’écrivain est mentionné sans oublier les émoluments qu’il peut en tirer. Hélas, pour moi, la plupart des titres ou des auteurs cités sont inconnus, ma culture étasunienne étant très limitée…

 

 

À cause du personnage d’Aubrey, est bien mis en évidence le choix qu’un écrivain doit faire avant de créer actrices et acteurs de son roman car cela peut se révéler dangereux et avoir des conséquences. Les réflexions sont très pertinentes et se concrétisent dans l’action, au fil des pages.

 

 

Évidemment, tout s’accélère plus l’issue de Dream Girl approche. Laura Lippman (photo ci-dessus) montre bien toute sa maîtrise d’autrice confirmée mais je n’ai pas vraiment adhéré à toute cette culture trop éloignée de mes centres d’intérêt. Cela ne m’empêche pas de saluer toute la valeur d’un roman angoissant, palpitant et permettant en même temps de poser de sérieuses et indispensables questions.

Jean-Paul

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