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Les rues de Lyon, numéro 140 : La Bête du Lyonnais

Les rues de Lyon  numéro 140. 

Histoire : La Bête du Lyonnais.

par Arlequin (scénario) et Krapoto (dessin).

 L’Épicerie séquentielle (août 2026) 12 pages.

 

 

 

 

Après le  numéro très fort, dédié à Marc Bloch – De Lyon au Panthéon, la revue mensuelle d’histoire lyonnaise, les Rues de Lyon, s’est penchée en ce mois d’août sur les loups, et, originalité,  ce sont les loups eux-mêmes, qui nous content ici cette histoire des temps médiévaux.

 

 

Depuis toujours, les rapports entre le loup et l’homme ont été source de conflits. Très présent autrefois, lorsqu’il avait faim, le loup s’attaquait au bétail des hommes et parfois à l’homme, l’Église n’hésitant pas à dire que c’est le Diable lui-même qui l’envoyait, un moyen de ramener les brebis égarées sur le droit chemin…

 

 

Au milieu du XVe siècle, la vie rurale est rude et devient d’autant plus accablante que les conditions climatiques se dégradent et le loup devient alors un fléau de plus.

Et voilà qu’au XVIIIe siècle, de 1754 à 1756, une bête non identifiée sévit dans le Lyonnais s’en prenant surtout aux enfants, envoyés seuls garder les troupeaux, des proies faciles.

 

 

Créature surnaturelle ou simple prédateur affamé, on la surnomme La Bête du Lyonnais.

Et pour changer, encore une fois, l’Église et la noblesse attestent que le Diable l’a envoyée pour punir la population impie !

De nombreuses battues dont celle du 10 septembre 1754, lancée par l’intendant du Dauphiné, regroupant plus de 2 000 paysans et soldats  d’une vingtaine de villages aux environs de Lyon, sont organisées, sans grand succès, le nombre des loups s’amoindrit de jour en jour sur le territoire et le calme revient enfin sur le Lyonnais.

 

Face aux échecs des battues, la chasse individuelle est autorisée et encouragée par de fortes primes… Malgré le nombre grandissant de loups abattus, la terreur que suscite la Bête perdure jusqu’au XIXe siècle.

En 1937, les loups disparaissent officiellement du territoire et ne pointent à nouveau leurs museaux en Auvergne-Rhône-Alpes qu’en 1992.

 

 

C’est un récit et une étude fort intéressants sur un sujet toujours d’actualité que fait le scénariste Arlequin sur la difficile cohabitation entre le loup et l’homme, depuis le Moyen-âge jusqu’à nos jours, le tout illustré de manière créative et dynamique avec des couleurs en parfaite adéquation avec le sujet, par Krapoto.

 

 

La revue se termine donc sur le retour du loup depuis la frontière italienne dans ce paysage montagneux et forestier des Alpes et du Massif Central, un habitat idéal pour lui, mais un retour également au cœur des débats.

 

 

Entre les éleveurs et les défenseurs de la cause animale, les avis divergent et dans un dessin final magistral, Arlequin ou plutôt les loups posent ainsi la question :

« Aujourd’hui peut-être, loin de la rudesse du Moyen-Âge et des superstitions , avons-nous une chance d’exister, non pas comme la Bête maléfique des contes et légendes…

… mais en tant que simple être vivant ? »

 

 

Merci Vincent.

Ghislaine

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