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Catherine Girard : In violentia veritas

In violentia veritas    par  Catherine Girard.

Grasset (2025) 347 pages.

 

 

 

Catherine Girard a quatorze ans, elle est au collège, en quatrième, quand elle apprend par son copain Olivier qu’on la surnomme « la fille de l’assassin ».

Il lui révèle que son père, Henri, est l’auteur d’un triple crime.

 

Le père d’Henri Girard, Georges, sa tante Amélie et leur servante Louise ont été retrouvés morts, atrocement massacrés à la serpe, au château familial d’Escoire le matin du 24 octobre 1941.

 

 

Seul survivant, Henri est inculpé, emprisonné dix-neuf mois et promis à la guillotine et est finalement acquitté, défendu par un ténor du barreau de l’époque Maître Maurice Garçon. L’énigme de ce triple assassinat ne fut jamais élucidée.

 

 

Son père, un assassin, son père, un parricide ? Le monde de la jeune fille s’écroulait…

 

Aussitôt rentrée, Catherine interroge son père, plus connu sous son nom de plume Georges Arnaud, auteur entre autres du célèbre roman Le salaire de la peur, ce père qu’elle chérit beaucoup, qui en plus d’être son père est son meilleur ami.

Il lui confie qu’il est bien le triple assassin d’Escoire et cet aveu plonge sa fille dans le déni pendant cinquante ans.

 

 

C’est donc quatre-vingt-quatre ans après le triple meurtre que Catherine Girard décide d’affronter ce passé. Elle explique d’ailleurs ce déni par les viols répétés qu’elle a subies elle-même de la part de grands garçons, quand elle était très jeune, en Algérie, où vivait la famille. Une voix intérieure li disait alors : « C’est trop grave, il ne t’est rien arrivé ».

 

Pour cela, elle interroge l’histoire de son père (photo ci-dessous), remonte sa généalogie pour tenter de comprendre, et explore la violence familiale sur trois générations dont la sienne avec beaucoup d’allers-retours dans le temps.

 

 

In violentia veritas, Dans la violence la vérité, est à la fois un récit littéraire d’investigation familiale, un récit d’introspection, le tout sur fond historique, le récit s’étalant sur le vingtième siècle et ses deux guerres.

 

 

Ce qui est vraiment étonnant dans ce livre, c’est le fait que Catherine Girard parvienne à tenir à la fois un discours accusatoire et une déclaration d’amour pour son père.

 

 

J’ai trouvé beaucoup de redondances dans cet ouvrage où se côtoient en permanence violence et tendresse familiale.

 

 

J’avais particulièrement apprécié La serpe de Philippe Jaenada (Prix Femina 2017) qui, en fouillant dans les archives de ce fait divers diabolique avec une grande rigueur, en étudiant toutes les hypothèses, en menant une enquête minutieuse, parvient à lever les soupçons qui pèsent sur Henri Girard tout en laissant supposer le ou les coupables.

 

 

C’est donc par curiosité que j’ai lu In violentia veritas, et je l’ai parcouru comme une contre-enquête intime où l’émotion prend le pas sur des preuves évidentes.

 

Si la psychologie peut permettre de comprendre certaines choses et apporter un éclairage intéressant sur l’état mental d’un potentiel criminel, elle ne peut en aucun cas servir de preuve.

Dans un premier temps, j’ai trouvé le style de l’autrice assez recherché mais j’ai ensuite déchanté, le trouvant vite emphatique, grandiloquent et pompeux.

 

In violentia veritas, enquête familiale et témoignage intime est le premier livre de Catherine Girard dans lequel elle fait part de Sa vérité, sa vérité qui ne m’a pas convaincue.

 

Ghislaine

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Comme toi, pas du tout convaincue mais j'avais malgré tout envie de le lire...
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