Olivier Rolin : La Guerre éternelle
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La Guerre éternelle par Olivier Rolin.
Gallimard (2026) 220 pages.
Rentrée littéraire 2026.
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Après avoir lu Baïkal-Amour, voilà que je retrouve Olivier Rolin dans La Guerre éternelle. Dans ce livre, c’est toujours avec une écriture excellemment ciselée qu’il se lance dans une très juste interprétation de la guerre de Troie au travers de L’Iliade.
Il n’y a pas longtemps, j’ai pu voir L’Odyssée, film à grand spectacle de Christopher Nolan qui rend très sympathique le fameux Ulysse, opinion que dément à plusieurs reprises Olivier Rolin. Ce film, en particulier, met en scène le fameux épisode du cheval puis le massacre systématique des malheureux Troyens. C’est terrible de voir cela mais c’est encore plus fort de lire le récit que fait Olivier Rolin à propos de la destruction de Marioupol (Ukraine) et de Gaza.
Il est important, essentiel de lire ces pages car elles matérialisent toute l’horreur banalisée par les images déferlant sans cesse sur les chaînes d’info et sur les réseaux sociaux.
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Le parallèle avec la destruction de Troie est bien amené avec un récit palpitant, terrible, et une fin sans véritable point final, hélas… Avant de lire ces pages très fortes, je suis parti à la recherche du vrai site de Troie, en Turquie aujourd’hui, en suivant Olivier Rolin et les personnages, historiens, chercheurs, qu’il fait revivre dans La Guerre éternelle.
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L’auteur est allé là-bas, y a vécu un peu plus d’un an. Lui qui ignore les réseaux sociaux et dédaigne l’IA – il a bien raison – en même temps qu’il met en scène ces personnages mythiques, qu’ils soient du monde des dieux ou simples mortels, n’oublie pas de faire le parallèle avec d’autres guerres, d’autres épisodes sanglants comme Sarajevo en 1995 ou le bombardement de Londres, le fameux Blitz, en 1940 – 1941.
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Dans ce roman, Olivier Rolin (photo ci-dessus) prouve, s’il en était besoin, toute la cruauté des hommes, cruauté sans limites qui se reproduit constamment comme nous le prouve, hélas, l’époque actuelle.
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Au passage, l’auteur montre toute son érudition, cite quelques passages de L’Iliade, chant épique écrit, peut-être, par Homère. Son écriture est somptueuse mais l’avalanche de noms, indispensable, avec des versions différentes pour le même patronyme, me désoriente un peu.
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Les massacres de Nankin, en Chine, dans la nuit du 12 au 13 décembre 1937, Guernica, le 26 avril de la même année, Dresde en février 1945, Hiroshima, le 6 août et bien d’autres encore, toutes ces villes détruites avec leurs habitants rappellent la chute de Troie :
« Détruire une ville, c’est détruire ce qu’il y a de plus profondément, diversement, historiquement, magnifiquement humain dans l’humanité. »
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Cette destruction de Troie par les Achéens venus de Grèce a pour conséquence une recherche effrénée des vestiges comme celles menées par Heinrich Schliemann, homme d’affaires et aventurier, au XIXe siècle.
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Olivier Rolin détaille alors sa visite du site d’Hisarlık (la Forteresse), dans la province turque de Çanakkale, en Turquie. C’est là que, pour lui, La Guerre éternelle a débuté, même si ce site considéré comme celui de Troie pose encore question. Le plus important, c’est ce que démontre l’auteur : cette constante dans le développement de notre espèce humaine à s’acharner à détruire, à exterminer comme dans les cas déjà cités mais le Rwanda, Sbrenica, Carthage, Sinjar (Irak), Chibok (Nigeria), El Flasher (Soudan), Smyrne (Izmir), les exemples ne manquent pas. La liste serait trop longue mais Olivier Rolin a su habilement étoffer son exploration du site de Troie en rappelant que les humains continuent sans relâche à massacrer d’autres humains.
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Cette lecture a été, pour moi, un plaisir enrichissant, un rappel d’épisodes oubliés, une découverte d’éléments inconnus. La Guerre éternelle est une réussite littéraire bien étoffée par de nombreux exemples pouvant susciter une salutaire réflexion, sans que je me fasse, hélas, la moindre illusion.
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Pour cela, je remercie bien sincèrement les éditions Gallimard.
Jean-Paul
