MENU

Sabyl Ghoussoub : Mon imam

Mon imam   par  Sabyl Ghoussoub.

Stock (2026) 277 pages.

Rentrée littéraire 2026.

 

 

 

Lire Mon imam, de Sabyl Ghoussoub, est une drôle d’aventure. L’auteur, né à Paris dans une famille libanaise, a été révélé avec Beyrouth-sur-Seine, roman récompensé par le Prix Goncourt des Lycéens, en 2022. Ne l’ayant pas lu encore, il faudra que je répare cet oubli.

 

Avec Mon imam, Sabyl Ghoussoub s’attache aux pas d’un personnage important, jamais cité nommément. Cet homme lui sert de fil rouge pour plonger son lecteur dans ce Moyen-Orient déchiré par des guerres perpétuelles alors qu’il ferait si bon y vivre.

 

J’ai bien aimé cette réflexion glissée au cours du récit quand Sabyl Ghoussoub rêve d’un Moyen-Orient réuni comme l’Europe et en mieux : « Il existe beaucoup plus de liens entre un Libanais, un Égyptien et un Israélien qu’entre un Écossais, un Italien et un Norvégien mais… »

 

 

Cette quête autour d’un personnage disparu mystérieusement est assez décousue. Parfois, on oublie complètement  cette personne et cela permet à l’auteur de me plonger dans l’actualité dramatique du Liban sous les bombes israéliennes.

 

 

Après avoir indiqué que l’imam, né en 1928, a disparu le 31 août 1978 après avoir rencontré Kadhafi en Lybie, Sabyl Ghoussoub (photo ci-dessus) fait partager son propre vécu entre Beyrouth et Paris. Travaillant pour le quotidien libanais en langue française, L’Orient-le Jour, il tente de faire prendre conscience à tout un chacun du drame quotidien que vivent les Libanais.

Très simplement, il rappelle les différences entre chiites et sunnites. C’est Khomeiny que l’on retrouvera plus tard, qui a fait connaître les chiites en Occident, en 1979. Le Hezbollah, mouvement islamiste et paramilitaire chiite se constitue aussi et s’impose au Liban avec les conséquences que l’on connaît.

 

 

Sabyl Ghoussoub sait bien faire ressentir ce qu’est la vie quotidienne à Beyrouth alors qu’avions et drones survolent la ville. Je pense alors à la pièce de théâtre de Hala Moughanie : Le Ruban.

 

 

Foisonnant de détails, de retours en arrière, de réels moments vécus par l’auteur mais aussi d’autres imaginés permettent de suivre cet imam qui fut le seul dignitaire musulman chiite invité à l’intronisation du pape Paul VI, en 1963.

 

 

Cet homme, Moussa Sadr (photo ci-dessus), son nom est connu, s’il est Libanais, est d’origine iranienne. Cela offre de très intéressantes connexions entre ces deux pays, connexions dont l’auteur fait bon usage afin de nous ouvrir les yeux à propos de conflits religieux et politiques toujours d’actualité.

 

 

L’auteur nous décrit cet homme : grand (1,98 m) aux yeux verts. Il ne laisse pas les femmes insensibles. D’ailleurs, dans la seconde partie du roman, Sabyl Ghoussoub parle beaucoup de sexe, de masturbation, de films pornos et des relations entre le Prophète et les femmes. C’est toujours écrit simplement, sans fioritures, précis, clair, instructif.

 

 

Finalement, c’est en mêlant l’histoire de cet imam original et l’actualité de ces dernières années au Moyen-Orient, que Sabyl Ghoussoub réussit son roman. Le retour en arrière sur l’accueil de Khomeiny en France est vraiment éloquent. Au passage, l’auteur semble hésiter entre croire ou pas en Dieu. C’est là que fiction et réalité se rejoignent.

 

Mon imam, roman que j’ai pu lire grâce à Babelio et aux éditions Stock que je remercie, est à lire car il éclaire notre lanterne, apporte des informations, permet de réfléchir et d’essayer de comprendre ce qui se passe, ce qui déchire ces pays du Moyen-Orient sur fond de rivalités religieuses paraissant aujourd’hui insolubles. Trop de vies humaines sont sacrifiées quotidiennement, il ne faut pas l’oublier.

 

Jean-Paul

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
E
Merci pour cette chronique qui me donne l'envie de lire ce livre.
Répondre
J
Merci à vous et bonne journée !
Thème Magazine -  Hébergé par Overblog